Pendant que la mouvance se mesure au Fndc loin de Conakry, la...

Pendant que la mouvance se mesure au Fndc loin de Conakry, la date des élections législatives fixée au 16 février 2020

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Tambour battant, les businessmen du projet de nouvelle constitution ont investi le pays profond samedi 9 novembre 2019. Kissidougou la cité de Kissi Kaba Keita a fait appel à tout ce que la contrée sudiste du pays a de crieurs publics et de festoyeurs férus de couleurs Rpg Arc-en-ciel pour offrir l’hospitalité aux adeptes du 3e mandat.

 

La mobilisation était à la hauteur de la promesse de voir ce jour-là le président Alpha Condé prononcer le discours d’acception du projet de nouvelle constitution sur les terres kissiennes.

 

 

Jusqu’au-boutisme suicidaire

 

 

Mais vlan ! En lieu et place de l’hôte de marque attendu, c’est l’ancien ministre des Transports Tidiane Traoré qui a pointé le nez.  Pourtant, depuis l’entrée principale de la ville de Kissi Kaba Keita, la foule d’applaudisseurs était bel et bien persuadée que le chef de l’Etat et chef du Rpg Arc-en-ciel était à bord du véhicule 4×4 teinté noir arrivé sous bonne escorte. Mais qu’ils sont tenaces face au Fndc qui a démontré pour la troisième fois sa puissance inégalable de mobilisation du populo. C’est un fait. Ce 7 novembre 2019 à Conakry les défenseurs de la Constitution en vigueur ont cloué le bec à leurs adversaires jusque-là incapables de drainer grand monde sans sortir des billets de banque.

Et puis, le Fndc a réussi à taire de rivalités jusque-là incorrigibles entre ténors de l’opposition pour solidifier davantage son bloc.

C’est par exemple le fair-play très commenté du salut à main levé envoyé par  Bah Oury à son ennemi intime Cellou Dalein Diallo depuis le toit de son véhicule de commandement et que ce dernier a répondu par un sourire et un coup de pouce avenants. La photo ayant immortalisé ce geste historique au niveau du rond-point de la Tannerie fait encore le tour de la toile avec son lot de réactions et de commentaires favorables.

 

Législatives : 16 février 2020 !

 

Alors que le 8 novembre 2019, les 16 commissaires sur les 17 que compte la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) ont annoncé pouvoir organiser les élections législatives ratées cette année le dimanche 16 février 2020.

Reste maintenant à rassurer les parties prenantes et les partenaires techniques et financiers sur ce nouveau programme. Surtout en ce qui concerne le très controversé fichier électoral. Là-dessus, le président de la Ceni, Me Salifou Kébé « rassure » avoir « acquis un logiciel d’enrôlement biométrique performant, les logiciels de gestion du fichier pour le site central, les licences de protection de la base de données et les licences antivirus, les serveurs de grandes capacités, les moteurs ABIS pour soustraire les doublons dans les données alphanumériques, les empreintes digitales et la détection faciale des électeurs ».

 

 

Climat de méfiance

 

 

Mais le climat de méfiance ayant prévalu dans l’élaboration du chronogramme élaboré pour des élections législatives au 28 décembre 2019, laisse croire que le nouveau discours de Kébé sur la nouvelle date des élections est à prendre avec des pincettes.

Etant donné que dans les rangs de l’opposition, le président de la Ceni est toujours soupçonné d’être un faire-valoir du locataire du palais Sèkhoutouréya.

D’où une chamaille probable entre partisans et girouettes de la mouvance présidentielle et ténors de l’opposition lorsque tardera le «matériel électoral lourd» à fournir par l’Etat.

Kébé affirme que « 4000 kits biométriques dotés de système d’exploitation androïde et capteurs numériques pour les empreintes et les photos ont été acquis. Les Kits des bureaux de vote (kits bleus) ont été également fournis. Des urnes et isoloirs complémentaires ont été achetés ». Ainsi que « des enveloppes estampillées en quantité suffisante ».

Si cela est, l’autre véritable hic réside au niveau de la fiabilité des opérations d’enrôlement avec l’opérateur international Innovatrics et son binôme local Eti-Bull qui seront « lancées » avant le début des « activités relatives à l’organisation du scrutin ».

Même si l’optimisme est de mise cette fois-ci quant à l’impossibilité d’organiser de référendum cher aux jusqu’auboutistes de la mouvance présidentielle, la capacité de l’administration Condé à lever le doute qui plane sur elle quant au respect du nouveau chronogramme de la Ceni, les dispositions constitutionnelles et le règlement électoral, reste un gros point d’interrogation.

 

 

Par Gordio Kane

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