Glissement de terrain à Coyah : la démission de l’Etat, le calvaire...

Glissement de terrain à Coyah : la démission de l’Etat, le calvaire des usagers de la route

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Pas d’entretien véritable des abords de nos routes. Point d’initiatives de secours d’urgence venant des pouvoirs publics pour faciliter la tâche aux usagers. En cas d’obstruction du trafic routier, il faut se débrouiller tout seul ou en groupe. C’est le triste constat du calvaire des usagers de la route nationale Coyah-Kindia, entre la sortie de la ville de Coyah et le pont japonais de Kaaka.

A cet endroit de la sous-préfecture de Kouria, situé à quelques mètres du pont de Kaaka, un long bouchon a fait se ralentir le mouvement des véhicules durant la journée du mercredi 21 août 2019. Les passagers ont dû attendre de longues heures claustrés dans leurs véhicules avant de franchir le long passage recouvert de blocs de pierres et de troncs d’arbres déversés la veille par les eaux de ruissellement pendant le glissement de terrain occasionné par les fortes pluies qui s’abattent dans cette zone périphérique de Conakry en saison réputée très pluvieuse en Guinée.

A l’index, le dérèglement climatique, bien sûr ! Mais surtout la démission de l’Etat. Ici, les pouvoirs publics guinéens n’anticipent pas en déboursant les moyens qu’il faut pour élaguer les arbres des abords de la route. Les services d’entretien routier aussi n’entretiennent pas convenablement cette route avant le début de chaque saison des grandes pluies. Elle est pourtant très stratégique dans la circulation des personnes et de leurs biens à destination ou en partance des provinces. Et plus loin du Mali, un pays enclavé dont la capitale Bamako est située à seulement près de 905 kilomètres du port de Conakry mais dont les routiers sont souvent tenus de passer par des capitales des pays plus éloignés comme Dakar, Abidjan et Lomé pour convoyeur leurs marchandises sur des routes soigneusement entretenus.

Pis encore, lorsqu’un glissement de terrain obstrue la voie, les agents de la police routière et des services d’urgence de l’Etat sont généralement aux abonnés absents.

Ce sont des volontaires qui s’improvisent régulateurs de la circulation à la place des professionnels chargés de cette tâche. A maints endroits, l’on ne trouve que des passants, des camionneurs ou encore de simples passagers qui façonnent des couloirs de fortune pour offrir aux occupants des véhicules l’occasion rêvée de franchir Kaaka et filer en toute liberté vers leurs destinations respectives.

Par Gordio Kane, de retour de Coyah.

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