Tout sur la Flûte pastorale: À bâtons rompus avec Sylvain Leroux, musicien  canadien

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Il y a 17 ans, c’était la découverte, celle de ce son qui semblait venir de nulle part, ou plutôt, du fond des âges. Deux flûtistes de la région de New York, Bailo Bah de Guinée et Sylvain Leroux du Québec, faisaient apparaître en duo ce rugissement, ce déchirement, cette rage qui se fond à la fois dans la tambin peuhle et dans la voix, parfois même simultanément. Le duo a évolué vers l’intégration de plus d’instruments, avant de revenir aux sources de sa musique pour ce troisième disque. Le répertoire y est traditionnel ou improvisé, et l’interprétation, qui est toute aussi mordante, n’a pas vieilli. Les impros sur les répétitions projettent autant vers l’avant qu’elles puisent dans l’ancien. Sylvain a conçu une tambin chromatique et Bailo chante intensément, parfois furieusement. Ceci n’est pas un disque de salon, mais une phénoménale aventure sonore et sensorielle.
Pour vous, Sylvain Leroux a accordé cette interview à un groupe de journalistes. Nous abordons le parcours de ce musicien exceptionnel, ses projets innovants, la flûte pastorale pour le développement de laquelle il s’y est investi corps et âme. Au regard de son attachement à cet instrument et des actes posés en Guinée, la presse tient à en être le témoin, à travers cet entretien à bâtons rompus. Premiere partie.

Presse: Présentez-vous!
Je suis Monsieur Sylvain Leroux, musicien d’origine québécoise, Canadien Français. Je vis actuellement aux Etats-Unis  d’Amérique à New-York, et ce depuis une trentaine d’années. Musicien  de formation, j’ai fait l’école de la musique, aussi la musique classique, le jazz…
Depuis mon enfance, je me suis  intéressé  à la musique noire  pour quelques raisons mystérieuses,  donc commençant avec la musique afro-noire, afro-brésilienne. Je suis tombé amoureux de la musique noire africaine.
J’ai rencontré des musiciens africains à Montréal et j’ai commencé à travailler avec eux. Ils m’ont initié  non seulement à la musique, mais aussi à la culture et  aux valeurs, aux façons de faire, surtout aux valeurs de l’Afrique de l’ouest.
J’ai rencontré un Malien qui fut mon premier professeur de la musique africaine. Après j’ai travaillé avec d’autres musiciens africains, des joueurs de Kora de la famille de M’badit KOUYATE à Montréal il ya de cela 35ans. Puis, j’ai eu la chance de venir en Guinée pour apprendre la flûte. Moi je suis flûtiste  de formation; je fais la flûte classique, le saxophone aussi et je suis venu en Guinée apprendre la flûte pastorale en 1995.
Puis, ça a rendu ma vie très intéressante parce que quand je me suis retourné en Amérique, j’ai cherché partout et je n’ai  trouvé aucune personne qui jouait ça; d’ailleurs j’ai fait une tournée avec ma femme dans les grandes villes dans des endroits où on jouait la musique africaine mais on ne pouvait me dire celui qui pouvait jouer la flûte et là j’étais le seul qui jouait ça en Amérique à l’époque.
Et éventuellement j’ai rencontré un flûtiste guinéen qu’on appelle Bailo Bah; il a été flûtiste du ballet Kotoba pendant  22ans; il s’est installé à New-York et très tôt à son arrivée on a commencé à travailler ensemble. Je lui ai approché pour étudier avec lui. Je l’amenais dans toutes mes activités musicales, j’étais leader de groupe et chef d’orchestre et j’avais un groupe dans lequel je travaillais et je lui ai demandé que je voudrais faire un album avec les enregistrements étymologiques que l’on trouvait peu.
On pouvait trouvé les musiques avec les flûtes mais pas un album de flûte, donc j’ai dit à Bailo, faisons cet album et on l’a fait en 2002, donc l’album s’appelait « Foulah flûte  » et là tout le monde a apprécié et ça a fait le tour du monde. En 2003 j’ai rencontré un journaliste à la RTG et je lui ai donné des exemplaires qu’ils ont fait beaucoup passés à la radio, à la télévision. Moi-même quand je viens à Conakry, j’entends ça à la radio et au début des émissions  et l’album a eu un effet ici parce que beaucoup de gens on apprécié. Aussi à travers le monde les gens ont découvert l’instrument, ça a eu un certain succès.
Et à mon retour à Conakry, j’ai fait l’amitié avec Koum Kouyaté, le fils de M’badit, le groupe de BaCissoko et je reviens  souvent pour les visiter.
(…) Bon moi j’ai commencé à apprendre avec l’aide de Baïlo qui m’a montré comment faire  et moi j’ai commencé à fabriquer les flûtes puis  les vendre à travers le monde.
Un jour, je jouais et je me suis dit si j’ajoutais trois trous supplémentaires, la flûte pouvaitcouvrir toutes notes du piano, puis je me suis dit avec ça, je pouvais enseigner les enfants guinéens à apprendre, à lire et à écrire la musique.
Donc avec, je me suis dit qu’il est temps. Je me suis informé à travers mes contacts et amis qui connaissent bien la culture guinéenne et si en Guinée, il y a des groupes d’enfants auxquels je pouvais venir donner mon expérience en les donnant les cours.
Donc, on m’a présenté à Monsieur Momo Sylla et son centre TyahBala. On a discuté  et on est tombé d’accord. Il m’a dit pas de problème, tu peux venir…

(A suivre)

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