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Télécoms: La Guinée et la Somalie, derniers pays africains pour la qualité de l’internet

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La Guinée et la Somalie sont les deux derniers pays du continent africain en matière de qualité de connexion internet. Une honte pour le pouvoir d’Alpha Condé qui avait promis, en 2010, de rattrapper le retard de 50 ans du pays en 5 ans seulement. Et une honte pour le gouvernement Kassory qui multiplie les taxes sans apporter d’amélioration au quotidien du peuple. Bien au contraire! Le rapport que détaille RFI est en soi une sentence à l’encontre des opérateurs de téléphonie areeba, orange, cellcom,… des sociétés qui arnaquent les consommateurs. Comment comprendre que ces sociétés qui gagnent 4000 milliards de FG comme revenus annuels soient incapables d’améliorer la connexion internet? L’ARPT est un complice potentiel dans cette incurie ambiante.

Ces dernières semaines, la publication d’un rapport sur la qualité du débit internet agite la Toile. Ce classement, publié par la Worldwide Broadband Speed League, compare la vitesse de téléchargement via des tests réalisés par plusieurs institutions et compilés par l’entreprise britannique Cable. Il positionne la Guinée avant dernier pays d’Afrique, juste devant la Somalie. Si le gouvernement rejette les conclusions de cette étude et critique ses méthodes, les utilisateurs sont unanimes : le faible débit d’internet en Guinée freine le développement économique du pays.

Au cybercafé « Mouna » dans le centre-ville, les internautes font la queue pour utiliser le haut débit. « Ici la connexion est bonne, je peux vraiment vérifier ma page et faire la mise à jour de mon site. Ici la bande passante est grande donc on en profite, mais avec le téléphone c’est insuffisant. J’ai été en Côte d’Ivoire et au Sénégal et, par rapport à ces pays, ici c’est un peu lent. Si tu veux télécharger des fichiers importants et un peu lourds, ce n’est pas facile. »

Si partout ailleurs la connexion est aussi lente, c’est à cause du manque d’infrastructures, explique Mohamed Diallo, ancien cadre d’une grande compagnie de téléphonie. Internet arrive en Guinée par un câble sous-marin, un « gros tuyau » en quelque sorte qui débouche sur un petit conduit, celui de la 3G. « On n’a pas autant participé que d’autres pays dans l’implantation du câble donc on ne peut pas prétendre au même débit que les autres. Il n’y a pas de réseau de lignes téléphoniques, tout passe par la 3G et le réseau mobile, Donc, avec toute la bonne volonté du monde, il est impossible de dépasser une certaine vitesse. Du coup, il y a tout un pan de la technologie dont on est exclus. »

Dirigeant d’une start-up en informatique, Abdoualye Diallo est contraint « d’aménager » les horaires de travail de ses ingénieurs. « Ils commencent à 16h00 pour travailler la nuit et avoir une bonne connexion internet. Sinon, il y a trop de personnes connectées et la bande passante ne permet pas à tout le monde de l’utiliser. Par rapport à un développeur au Kenya ou à Dakar qui travaille plus facilement ça lui revient moins cher. Et moi, je ne peux pas être compétitif. Et on ne peut pas développer une économie numérique dans ces conditions. »

Des travaux sont en cours sur les infrastructures, assure le ministre de Télécoms, Moustapha Diaby : « Le débit internet surtout maintenant pendant la saison des pluies est faible. Le gouvernement guinéen est en train de déployer un backbone national pour interconnecter toutes les grandes agglomérations et il va falloir que les opérateurs se décident à demander des licences de type 4G. »

Les experts consultés s’accordent pour dire que l’accumulation de taxes « dissuade » les opérateurs d’améliorer le réseau. Le gouvernement, disent-ils, devrait considérer les communications comme un « levier de développement » et non une source de revenus.

In RFI

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