SNIES et Rénovation des AFRICOF : Un monde à l’envers!

SNIES et Rénovation des AFRICOF : Un monde à l’envers!

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C’est une histoire rocambolesque, incroyable et insolite. Du jamais vue dans l’administration guinéenne. C’est l’histoire de la rénovation des établissements scolaires dit « AFRICOF », du nom de la société qui les a bâtis, sous l’ère Lansana Conté dans les années 90.
A l’ouverture des classes récente, ces établissements étaient complètement délabrés. Leur rénovation était au centre des préoccupations du ministère de l’Éducation nationale en dépit de la grève enclenchée par le SLECG.
Rien d’anormal qu’un gouvernement se préoccupe des conditions d’étude des écoliers. Le problème? Dès que la vétusté de ces « AFRICOF » a été dénoncée par les médias guinéens et avancée dans les discours officiels, un clan de prédateurs des deniers publics ont jeté leur dévolu sur cette « affaire ».
En faisant quoi? En allant directement sur les sites et procéder à la rénovation de 10 écoles AFRICOF, pour parer au plus pressé. Ils n’ont pas attendu que le ministère lance un appel d’offre pour leur permettre de suivre la procédure traditionnelle.
Ils se sont précipités sur les sites pour procéder à la rénovation sans l’avis d’autrui, mettant ainsi la charrue devant les bœufs. Pour eux, l’occasion est en or. Il faut la saisir. Dans leur entendement, la seule possibilité d’arracher ce marché juteux sans concurrence est de faire le travail avant même qu’on leur demande. Appel d’offre, soumission et attribution de marché vont attendre. Quel monde à l’envers! Dans quelle gouvernance économique vivons-nous?
Savez-vous que cette rénovation est déjà terminée, tant bien que mal, alors que l’appel d’offre n’est même pas officiellement lancé? Eh beh pas étonnant puisqu’on est en Guinée!
Après avoir fait le boulot, ce clan de prédateurs qui ont leurs entrepreneurs s’active actuellement à monter le topo pour récupérer le fric, les dividendes du « travail » bâclé et de cette démarche cavalière. Un imprimeur de la place qui requiert l’anonymat avoue avoir été contacté par un fonctionnaire pour falsifier de vieux journaux et réinsérer frauduleusement de prétendues annonces, qui ne sont rien d’autre qu’un faux « appel d’offre ».
Pour ces bandits à col blanc, toujours tirés à quatre épingles, qui se prennent pour des modèles de réussite, la surfacturation est un sport favori. La surfacturation est effectivement au centre de la rénovation des AFRICOF puisque ce sont eux qui colmatent toutes les brèches : appels d’offre, soumissions, dépouillement, examen, attribution des marchés… Le tout dans le secret. Tels sont ces gens qui se substituent à l’État et dilapident l’argent du contribuable guinéen.
La seule étape où ils n’interviennent jamais, c’est le financement des projets. Mais ils sont présents à toutes les étapes de la corruption et du détournement. Au niveau du Service national des infrastructures et équipements scolaires -SNIES- le directeur national Ibrahim Cissé est un pivot puisque tout cela passe par lui. Ses complices sont tapis à l’Administration générale et contrôle des grands projets, à la direction nationale des marchés publics (pilotée par une dame peu recommandable) et au ministère des Finances.
Il s’agit d’un groupe de fonctionnaires véreux hyper protégés qui ne s’ inquiètent de rien, étant à l’abri de poursuites judiciaires. D’où l’hésitation du Premier ministre, Ibrahima Kassory Fofana, à lancer un audit au SNIES, service d’où est partie le récent scandale financier portant sur la construction d’une école de 12 classes à 12 milliards de FG.
Difficultés
Aujourd’hui, après avoir préfinancé la rénovation de ces écoles AFRICOF, les entrepreneurs cooptés dans cette magouille ont des difficultés à recouvrer leur pognon. Vu que le ministre de l’Éducation, Mory Sangaré, n’est pas disposé à cautionner la surfacturation envisagée et cette démarche cavalière. Ils se sont réunis, au début de ce mois, pour aller le prier. Niet! Rétorque-t-il, au grand dam de ces hôtes.
Le problème, comment légaliser un marché déjà illégal? Ayant plus d’un tour dans son sac à merde, le SNIES a trouvé une parade: un prétendu cabinet d’étude pour cautionner cette démarche tordue, lequel va accepter de jouer au jeu.
Délégation de crédits
Le SNIES et son directeur général Ibrahim Cissé font la pluie et le beau temps, n’étant inquiets de rien. Alors que le faux projet d’école de 12 classes à Yattaya lamentablement échoué, au grand dam de ses promoteurs indélicats, voici un autre projet en cours. Un projet surfacturé aussi. Comme d’habitude: l’école de 24 classes en cours de construction à Kobaya. La facture de cette école, griffonnée par l’entreprise GET, est de 12 milliards de FG alors qu’il s’agisse d’un établissement sans direction, sans équipement, sans lattrines. Une salle de classe vide à 500 millions de FG, soit le prix d’une maison modeste.
L’on se rappelle que l’école primaire Frédérick Mayor de Kaloum a été rénovée par le SNIES avec un coût de 12 milliards de FG dont 70% ont été décaissés.
C’est cynique ce qui se passe dans la nébuleuse SNIES. Une pagaille qui ne dit pas son nom. Ibrahim Cissé et son clan mafieux font leur beurre sur l’avenir des enfants guinéens car celui qui détourne le financement d’une école ouvre une prison.
Aujourd’hui, le phénomène Cissé à gagné l’ensemble du pays. A l’intérieur de la Guinée, beaucoup de chantiers entamés par le SNIES sont à l’arrêt parce que leur financement a pris une autre destination. Parce que les antennes régionales du SNIES, comptant des architectes et ingénieurs qualifiés, sont écartés des projets de construction d’écoles. Parce que les entrepreneurs sont choisis sur la base du clientélisme et de l’affairisme.
Pis encore, dans les régions, il n’y a aucun contrôle : pour tout marché en deçà de 400 millions de FG, il suffit d’une simple signature du gouverneur pour valider. Plus besoin de l’Administration générale et contrôle des grands projets ni de la direction des marchés publics. Après la signature du gouverneur, ils introduisent les docs aux Finances pour paiement. La procédure est abrégée. Ce qui est une aubaine pour les fervents adeptes de l’enrichissement en 24 heures sans effort.
Actuellement, le SNIES a envoyé une pile de dossiers auprès des gouvernorats pour signature. Le montant global vacille autour de 20 milliards de FG. Ils vont se les partager sûrement puisque personne ne voit jamais de trace sur le terrain.
L’année dernière, par cette méthode de « contrat par délégation de crédit », le SNIES avait engagé à peu près le même montant pour la rénovation d’écoles à l’intérieur du pays. Où est le résultat? A voir plutôt du côté des comptes en banque de Monsieur Cissé et ses complices (comme l’avait suggéré quelqu’un sur les réseaux sociaux en 2017, voir la publication Facebook ci-dessous).
En tous les cas, de nombreux chantiers démarrés depuis des années sont à l’arrêt. Nous nous ferons le plaisir prochainement dresser la liste exhaustive de ces chantiers abandonnés, avec leurs numéros de contrat, les entreprises associées, les montants du financement et les sites concernés.
Sambegou Diallo

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