Rendez-vous annuel des poètes en herbe: L’ardeur en vers rythme la cinquième...

Rendez-vous annuel des poètes en herbe: L’ardeur en vers rythme la cinquième édition

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L’ardeur en vers rythme la cinquième édition. C’est un «rendez-vous annuel des poètes en herbe» auréolé d’un concours proposé par les Editions Ganndal en partenariat avec le Centre culturel franco-guinéen (CCFG) et son Club littéraire. Cette année, les vers sont non seulement illustrés par Irina Condé et ses étudiants, affichés durant plusieurs jours sur les murs du Ccfg mais aussi soufflés au creux de l’oreille du visiteur de l’exposition. Retour sur cet événement unique.

27 concurrents,
3 lauréats

Cette année, ce sont 27 poèmes proposés sur le thème de L’ardeur, dont 1 en caractères arabe-peul et 1 autre en langue arabe envoyés par courriel ou dans une enve-loppe fermée à la médiathèque du CCFG ou aux Editions Ganndal, sis route de Lambanyi entre la Société générale de banques (Sgbg) et la radio Soleil FM, Conakry.
Le jour du vernissage, les organisateurs ont également accueilli une dizaine de poèmes en français, en pulaar ou fulfulde ou encore en écriture n’Ko. Tous étant conçus hors-concours ou parvenus hors-délai aux organisateurs, ils sont néanmoins affichés à part dans la salle d’exposition du Ccfg. Pour la plupart, les écrits sont en vers ou en proses mais tous aussi agréables à lire et à entendre.
L’exposition de cette année s’est déroulée du 4 au 10 juin 2018 et a connu un engouement et a suscité l’intérêt chez les jeunes élèves et étudiants.

Teddy Pinaud, 1er prix

Son poème intitulé Qu’il est loin le soleil ardent remporte le premier prix du concours.
Né en 1980, Teddy Pinaud s’éprend de la poésie dès l’adolescence. Il a publié certains de ses écrits dans des revues et participé à plusieurs concours.
L’auteur de «En partance & en partie intime», a soif de voyages et de paysages.
Il a notamment séjourné en Guyane et plus récemment en Guinée.

Lamine Diallo, 2e prix

Lui, c’est un habitué du concours Sur les murs, la poésie. Mamadou Lamine Diallo (photo) gagne à nouveau. Cette fois-ci il rafle le second prix pour son épistolaire: A toi ma très chère… Il est détenteur d’une Licence en Lettres modernes à l’université Général Lansana Conté de Sonfonia.
Contact: lamsrevo@gmail.com

Fadiga, 3e prix

Ma passion d’Aboubacar Sidiki Fadiga a obtenu le troisième prix dans ce concours très serré.
Né en 1995 à Conakry, il se présente comme un «produit de l’éducation guinéenne» et «grand énamouré
de la lecture, par conséquent de l’écriture».
Fadiga se prédit «un avenir littéraire» qu’il compte entamer bientôt. Et, il est «inspiré du jour où son cœur de lecteur a reçu pour la première fois le grain d’amour, de passion» pour son «épouse littéraire», dénommée «Mademoiselle poésie».

Coup de cœur

Voici un poème conçu hors-concours mais qui a retenu l’attention de notre reporter. La visiteuse est de la jeune canadienne Camille Limoges membre du Club littéraire du CCFG.
Le thème retenu pour cette 20e édition du Printemps des poètes est L’ardeur, «le moteur même de la poésie dans un sens, car le propre de la poésie est l’exacerbation du sentiment quel qu’il soit, et son expressivité quasi flamboyante, parfois d’une empathie communicative, un dérèglement des sens, pour citer Arthur Rimbaud, ou un dérèglement de la conscience», fait noter Laila Baldé du CCFG au nom du jury qu’elle préside.

Clin d’œil aux poèmes primés

Cette dame qui travaille pour le Centre culturel français de Conakry explique que la plupart des 27 textes, dont 2 non écrits en langue française, «se sont adonnés à l’exercice, creusant les turpitudes de l’intérieur comme les torpeurs de la vie ; invitant les âmes du passé, les esprits du présent et les enfants de l’avenir à se convertir à la religion de l’amour et à l’espoir de retrouvailles heureuses et fraternelles».
Laila Baldé s’arrête là. Elle compile les titres des poèmes primés pour laisser entrevoir que «L’ardeur traverse les cœurs, les âmes et les frontières sans raison d’être, mais avec Ia force d’un soleil ardent, d’une passion ivre et d’un amour inconditionnel».
L’ardeur, dit-elle, trouve toute sa place dans le poème de Teddy Pinaud : Qu’il est loin le soleil ardent qui prend la première place du concours de cette année. Pinaud «respecte les canons de la poésie, en reprenant avec une tendresse ineffable», la nostalgie du pays visité, «où les souvenirs d’hier envahissent ce corps téléporté par on ne sait quel espoir vers un ailleurs» difficile certes, mais où il faut réapprendre à se réintégrer.
Le second prix est à Mamadou Lamine Diallo pour A toi ma très chère… L’auteur «manie habilement l’alexandrin, un vers construit sur 12 syllabes, dont il joue avec les différents rythmes, parfois long, parfois en respectant la césure à moitié du vers, parfois un alexandrin cadencé et brutalisé dans la syntaxe: toutes ces modalités s‘imbriquent pour donner une lettre touchante, vibrante d’émotions et surtout dont la sincérité sentimentale et poétique ne démord pas».
La troisième place du podium est réservée à Ma passion d’Aboubacar Sidiki Fadiga qui fait dans la «rupture et le renouvellement» littéraire d’un imaginaire qui porte sa marque de fabrique avec des images qui trompent l’attention et l’habitude passive de lecture. Le poème de Fadiga «dessine l’histoire qu’il décrit».
Et Laila Baldé de conclure «qu’il y avait une certaine correspondance» dans les poèmes «du trio de lauréats». En ce sens que tous forment une ronde d’intimité sentimentale voire affective. (Le vernissage en images)

Par Gordio Kann, source: Le Populaire

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