Remaniement ministériel: Un gouvernement qui commence dans la défiance et la...

Remaniement ministériel: Un gouvernement qui commence dans la défiance et la panique

667
0
PARTAGER
Le décret présidentiel meublant l’attelage gouvernemental est tombé, tel un couperet. Il s’agit d’une liste incomplète de 33 ministres dont quatre femmes (seulement). Soit 12% des postes attribués, ce qui relève plutôt du mépris pour la gent féminine qui, depuis des lustres, en revendique un quota d’un tiers. Curieux vraiment, vu que le professeur venant de la Sorbonne consacre, selon lui, l’essentiel de son mandat-ci aux femmes et aux jeunes.
Quoiqu’il en soit, Il s’agit d’un gouvernement qui commence dans la défiance et l’antagonisme. Tenez ! L’avocat Me Kabelé Camara a été défenestré en raison d’antécédents fâcheux avec Ibrahima Kassory Fofana, le nouveau locataire de la Primature. Primature qui était également promise à Sylla Aboubacar, député Ufdg et ex porte-parole de l’opposition républicaine. Il devrait se contenter, bien malgré lui, de son titre de ministre d’Etat en charge du Transport, en récompense de son départ de l’opposition.
Ce qui ne sera pas le cas de Oyé Guilavogui auquel Alpha Condé avait miroité la même Primature (syndrome de Gascon). Cet ohé-ohé du chef de l’État n’a pas fait plaisir à Oyé Guilavogui, subjugué d’être « parachuté » plutôt au ministère de l’Elevage, poste qu’il rejette. S’en prenant à son mentor, il dégage la responsabilité du nouveau Premier ministre: «Niet ! Retorque-t-il, je n’ai pas affaire avec Kassory Fofana mais à Alpha Condé»….
Ça sent une montée d’adrénaline dans les hautes sphères de l’Exécutif. Puisque, fait rare, le président de la République et ses services, paniqués, ont été contraints et forcés de publier ledit décret sans le ministère de l’Elevage et le Secrétariat général aux Affaires religieuses.
Par ailleurs, d’aucuns estiment que Tibou Kamara aurait été mieux à l’Administration territoriale, après avoir montré un certain talent dans la gestion des conflits, mais pour les observateurs avertis, sa promiscuité avec les entreprises, notamment marocaines, devrait faire mousse.
De nombreuses Vendettas sont en cours. L’homme à tout faire du président, Mohamed Diané, insatiable, exige cette fois-là que soient placés sous son autorité les postes de chefs de cabinet civil et personnel de la Présidence. Une ambition, certes louable, mais qui n’est pas du goût de Ibrahima Kalil Kaba et autre Kiridi Bangoura, lesquels voient leur marge de manoeuvre réduite comme peau de chagrin. Avec une déconcertante rapidité.
Il est vrai que leurs postes officinales, qui n’ont rien d’asymétriques, sont à l’imagine des autres poches de magouilles créés à la Présidence où l’on moule toutes sortes de combines et de deals. Mohamed Diané voudrait remettre de l’ordre au palais présidentiel qui est envahi.
Que dire de l’ancien ministre du Budget sous Lansana Conté, Ousmane Kaba du PADES en l’occurrence, recalé à l’entrée pour sa gloutonnerie sans pareil ? À lui tout seul, il a demandé deux ministères clés : les Finances et le Budget. Il a voulu le beurre, l’argent du beurre et même le sourire de la fermière.
Quant aux partants, il y a Albert Damantang Camara et K au carré, entre autres, condamnés à la guillotine pour leur mauvaise gestion de la grève des enseignants. C’est le début qui présage la fin. C’est un gouvernement qui risque de finir comme il a commencé, dans un antagonisme et une lutte interne exacerbés.
Sambegou Diallo

LAISSER UN COMMENTAIRE