Microfinance: Où sont passés les 130 milliards d’Alpha Condé?

Microfinance: Où sont passés les 130 milliards d’Alpha Condé?

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L’on se rappelle des 130 milliards du président Alpha Condé, alors octroyés aux jeunes et aux femmes. Des gugusses, qui avaient projeté de se les délecter, sont passés par maints subterfuges pour y faire mains basses. C’était sans compter sur la détermination de la présidente du CA de l’Agence nationale de microfinance (ANAMIF).

Madame Marlyatou Barry s’était érigée en bouclier contre les déprédateurs pour protéger le financement présidentiel en faveur de la jeunesse et de la gent féminine. Du coup, elle ne pouvait être qu’une cible tout indiquée. D’où les « dénonciations calomnieuses » et les « fausses alertes » dont elle sera victime, notamment au sein d’une certaine presse alimentaire qui collectionnait les papiers commandités. Tout cela n’a pas réussi à ébranler la personnalité de cette dame de fer, à la conviction forte et au moral d’acier.
Aujourd’hui, l’ancienne présidente du Conseil d’Administration de l’Anamif, actuelle Conseillère de Coopération à la Présidence de République, est sortie de son silence, dans les Grandes Gueules, pour rétablir la vérité. Une bonne fois pour toute !
Mme Barry ne manquera pas de faire une mise au point sur la situation des 130 milliards alors destinés aux jeunes et aux femmes, et qui ont été l’objet de toute sorte de spéculations et de fantasmes chez ses détracteurs. Lesquels sont allés jusqu’à dire qu’elle en a détourné 20 milliards.
Ainsi, la PCA révèlera que l’institution avait octroyé 26% des 130 milliards aux structures suivantes : 19% aux institutions des micro-finances (IMF); 7% aux groupements coopératifs et 74% du reste dudit montant était disponible dans le compte de l’agence quand elle quittait l’Anamif en 2015, pour avoir été sollicitée à la Présidence de la République. Jusqu’à son départ, les caisses de l’agence étaient bien garnies (96,2 milliards).
« Je suis plutôt victime de ma rigueur pour préserver le fond. J’ai un fils et n’aimerais jamais qu’on lui dise un jour ‘ta maman a volé de l’argent public’. Et surtout pour une question d’éthique et de moralité; j’ai travaillé ailleurs notamment en Guinée équatoriale où j’ai dignement accompli et j’ai même reçu de satisfecits pour le travail réalisé. C’est pour ça qu’à ma nomination, j’avais dit à la justice que je veux déclarer mes biens avant ma prise de fonction, mais ils m’ont dit que ce n’est pas une obligation. L’argent que j’ai ramené ici, c’est par la banque et non de façon clandestine. Et j’ai toutes les preuves.. », explique-t-elle.
C’est une sortie qui a donc le mérite de tirer les choses au clair. Que n’a-t-on pas entendu dire sur cette dame, rien que pour ternir son image? Alors qu’elle est l’une des rares Guinéennes à avoir accepté de rentrer au pays pour se mettre à la disposition de son peuple, sans arrière-pensée, oubliant les privilèges, les avantages, les opportunités et une vie dorée à l’étranger.
Aujourd’hui, sans risque de se tromper, l’on peut dire que cet argent planqué dans l’Anamif, a été bien protégée, pour ne pas tomber dans l’escarcelle des voraces. Et ce, grâce à la vigilence et à la détermination de Marlyatou Barry, qui en avait la charge morale.
D’où la conclusion satisfaisante de l’audit qui vient d’y passer. Jusqu’à son départ en 2015 pour ses nouvelles fonctions, aucun indice de détournement, ni velléité de magouille n’ont été détectés à l’Anamif. Tout y est aussi clair que l’eau de roche. Chose rarissime en Guinée, comme on le sait! En tous les cas, l’Inspection d’État, qui audité l’Agence, a levé le chapeau pour la présidente sortante du CA, Mme Marlyatou Barry, à qui on ne peut que reprocher d’être trop rigoureuse dans la gestion. Comme on le sait, en Guinée, où la spoliation des deniers est un sport recommandé, trop de rigueur tue…les bandits à col blanc.
Il faut considérer que les attaques qui la visaient relèvent de l’instinct de survie de ceux-là, qui avaient juré de s’empiffrer des 130 milliards, en une bouffée.
En un mot, la gestion rigoureuse dont elle a fait montre met en évidence sa loyauté, n’étant même pas habitée ou obnubilée par des soucis d’argent. Bien au contraire ! Mme Barry n’a perçu ni salaire ni rémunérations particulières. Même ses billets d’avion sont à sa propre charge. Ce qui n’est pas facile pour qui ait tout abandonné, laissant derrière des affaires lucratives, afin de rentrer au bercail et se mettre au service exclusif de son pays.
Le choix qui avait été porté sur sa personne par le chef de l’Etat, n’est pas fortuit, en effet, c’est bien cette Dame qui pouvait gérer de façon désintéressée une telle institution. Une telle personnalité doit être félicitée, au lieu d’être la risée des chantres de la corruption.
Hassatou Barry, journaliste à L’Hebdo Le Défi

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