Les chances de réussite d’Hélène Savané, nouvelle directrice générale du Port autonome...

Les chances de réussite d’Hélène Savané, nouvelle directrice générale du Port autonome de Conakry

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Elle hérite d’un brasier qui risque bien de l’engloutir si elle n’y prend garde : la concession du Port aux Turcs dont Alpha Condé s’est rendu coupable avec un marché de gré à gré pour 25 ans.

Hélène Savané, la nouvelle DG du Port pourrait se faire une certaine chance de réussite, en dépit de la chaleur de la patate, difficile à avaler côté syndicat du Port. La première chance d’Hélène est d’être revenue dans un milieu qu’elle connait bien, pour y avoir été responsable pendant 10 ans, en qualité de directrice générale adjointe du Port de Conakry.

Elle aura vécu dans ce milieu portuaire où elle tissé un lien très fort. Il semble qu’elle bénéficie encore d’un appui sans faille. Sous Lansana Conté, elle a dû avoir partagé des doutes et des épreuves mais aussi des satisfactions et des récompenses. Hélène Savané retourne donc à ses premières amours. La seconde chance de réussite de la nouvelle patronne du Port de Conakry est qu’elle s’est forgée une certaine réputation à l’international.

Ses qualités de manager acquises dans maints domaines de l’administration publique et privée lui permettront sans nul doute à arrondir les positions en toute subtilité. D’un côté, elle n’a ni signé, ni cacheté, mais elle aura à affronter un syndicat déterminé, voué aux gémonies par le ministre des Transports Aboubacar Sylla.

Hélène aura à défendre le statut des travailleurs actuels dont l’avenir est somme toute menacé : la compression est inévitable (sur le 800 et quelques agents, les Turcs ne prendront que 200).

De toutes les façons, selon le contrat signé avec ces Turcs, il est clairement indiqué : « Le Concessionnaire aura la liberté de choisir et d’employer du personnel sans distinction de nationalité et de licencier ce personnel. Toutefois, à compétence égale, le Concessionnaire est tenu de faire son possible pour recruter en priorité du personnel Guinéen. »

Trop de complaisance dans ce contrat notamment au niveau du personnel guinéen : « Le Concessionnaire peut choisir son personnel guinéen parmi les employés existant du Concédant. »

Il n y a rien de contraignant. C’est pourquoi les Turcs sont libres de faire du personnel ce qu’ils veulent. A part ce petit bémol : « Le Concessionnaire doit se soumettre au droit du travail et de la législation fiscale à l’égard du personnel employé. »

Et le gouvernement de tirer la couverture sur lui : « Le personnel Guinéen du Concédant qui ne sera pas employé par le Concessionnaire n’aura aucune relation avec le Concessionnaire. »

Hélène usera donc de toute sa minutie pour sauver ce qui peut l’être. Déjà, le syndicat dit être prêt à la rencontrer si elle lui tend la main. Sauf que le mépris avec lequel Alpha Condé et Sylla les gèrent risque de radicaliser les camarades syndicalistes.

Conakrychallenge, avec Kababachir

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