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Le projet d’assainissement de villes guinéennes financées par l’Union européenne: Le volet SANITA Villes propres lancé à Conakry

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Conakry est envahie par les ordures. Marchés, rues, caniveaux et recoins de la capitale sont jonchés d’immondices, de plus en plus impitoyables. Il faut impérativement aller à la guerre des ordures pendant qu’il est encore temps. Question de vie et de survie, étant donné que la menace ne nous laisse plus le choix: en cette saison hivernale, les risques d’épidémies sont élevés.

Avant-gardistes, les partenaires de la Guinée ont accepté d’accompagner le pays dans cette guerre ingrate contre l’insalubrité, en finançant les opérations dans, au moins, deux villes: Conakry et Kindia. C’est le volet SANITA, lance le 22 jiun 2018 à l’hotel Noom. Volet qui est la résultante d’un travail de fond, mûri et de longue haleine, conjointement réalisé par l’Agence belge de développement et la Délégation de l’Union européenne.

Ce programme de 5 ans concerne, évidemment, les villes de Conakry et de Kindia. Son financement s’inscrit dans le cadre du 11e FED (Fonds européen de développement) et permet d’initier déjà des travaux d’urgence, afin d’anticiper les inondations dans certaines zones à haut risque.

Il faut ajouter que l’action consistera également à réaliser des infrastructures, des points de regroupement et des plateformes de tri (recyclage et compostage notamment), ainsi que des caniveaux et des voiries pour désenclaver certains quartiers.

Le volet SANITA se chiffre à 35 millions d’euros, financement effectif qui entre dans le cadre du 11e FED. L’assainissement étant l’un des piliers du 11e FED, il faut dire que l’exécution du programme SANITA a été confiée à ENABEL, très active dans le domaine du développement.

Également, SANITA permet d’améliorer le cadre stratégique et institutionnel du développement urbain à tous les niveaux, renforçant de passage les capacités institutionnelles, la planification urbaine nationale, ainsi que la planification de la ville de Conakry.

Aussi, ce programme va permettre de professionnaliser la filière Gestion des déchets solides, de manière performante et durable. Et ce, sans compter le désenclavement des quartiers à travers la construction d’infrastructures, voiries tertiaires, latrines publiques, caniveaux, etc. Toutes choses que les populations attendent avec impatience.

De son côté, le gouvernement guinéen se bat comme un beau diable. Ne serait-ce qu’en regardant les réformes structurelles élaborées: mise en place en novembre 2016 de l’Agence nationale d’assainissement et de salubrité publique (ANASP) pour les déchets solides; responsabilisation de certaines structures étatiques en ce qui est des déchets liquides (direction nationale de l’aménagement du territoire, ministère de la ville, aménagement du territoire, etc.); adoption en janvier 2017 de l’étude Grand Conakry Vision 2040…

Somme toute, ces efforts du gouvernement sont insuffisants et sa volonté politique prise à défaut par les scandales. Quid de l’usine de transformation de déchets, initiée jadis, et qui était destinée à valoriser les déchets, achetés puis convertis en engrais, en biogaz et en électricité? Qu’il y avait-il de mieux si les ménages gagnaient de l’argent en revendant les déchets? Mais les fonds qui devaient permettre l’installation de cette unité avaient été détournés par la partie guinéenne.

Ici, l’engagement d’ENABEL, son expérience internationale et sa vision de la chose ne laissent pas de place à l’incurie. Les 35 millions d’euros financés iront à l’assainissement pérenne, avec le soutien des jeunes qui s’attendent, en plus, à la création de milliers d’emplois.

Ibrahima Sambegou Diallo

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