Le Premier ministre libère son esprit étriqué chez Syma: Kassory Fofana multiplie...

Le Premier ministre libère son esprit étriqué chez Syma: Kassory Fofana multiplie les bêtises

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On le croyait assez mûr et avoir changé, de comportement notamment, mais non! Le nouveau Premier ministre ne rechigne toujours pas à faire de l’amalgame et du tape-à-l’œil d’après les mavaises langues.
Mardi, le sieur Kassory a réuni une pléthore de journalistes pour l’accompagner à la Cour constitutionnelle. Histoire de procéder à la déclaration de ses avoirs, telle que le stipule la Constitution en son article 36, qui en souffrait déjà du fait du retard accusé.
Que s’est-il passé?
Comme bon nombre de ministres, Kassory Fofana -néophite- estimait que cette procédure était sommaire, pouvant être hâté, précipitée. Il arrive à la Cour avec ses courtisans. Mais son président, le très controversé Kèlèfa Sall, en congés dit-on, était absent des lieux.
Il est réorienté vers le vice-président qui le renvoie à son tour à l’institution jumelle, la Cour des comptes en l’occurrence. Kassory Fofana prend langue avec le maître des céans. Initiation faite, le Premier ministre reçoit une fiche avec toutes les explications nécessaires.
Par exemple, il apprend que cette fiche, à lui remise, est à signer dûment et à renvoyer plus tard, avec le dossier du patrimoine, pour une déclaration de biens qui, dans les règles de l’art, est organisée dans une salle, fermée ce jour, en raison notamment de l’absence du président de la Cour constitutionnelle.
Après les remerciements d’usage, Kassory Foana qui, rappelons-le, était en apparté, descend les marches pour se diriger vers la sortie, où l’attendaient les médias et ses courtisans. Il profite, sur le champ, pour annoncer avoir fait sa déclaration de biens, devant les médias, priés par ricochet de faire passer « la bonne nouvelle ». Vraie ou fausse annonce?
L’opinion ne sait plus à quelle parole se tenir dans ce pays. Cela dit, kassory Fofana n’y est jamais revenu. On ne sait par quel miracle il aurait alors déclaré ses biens. Au regard de la procédure normale, même en rêve, cet acte n’aurait pu être vécu en un laps de temps. Alors, qui trompe qui?
Récemment épinglé pour usurpation de titre, avec toute une histoire de faux doctorats, loin de s’estomper dans les mémoires, le Premier ministre nagerait-il volontiers dans les mensonginets et autres bouillies pour chat? Rien de plus sûr. Kassory Fofana a-t-il déclaré ses biens? A-t-il fait sa déclaration? A-t-il tout déclaré? Des points importants qui méritent d’être élucidés et exposés, vu l’immensité de la fortune que lui prête l’opinion.
En tout état de cause, le Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana multiplie les bourdes. Comme si le sabotage à la Cour consitutionnelle ne suffisait pas, il se dirige, le jour suivant, à l’Assemblée nationale et à la Cour suprême de Guinée.
Son discours, catastrophique, devant le président Mamadou Sylla «Syma», frise l’incurie. En voilà quelques extraits:
« La bonne ou la mauvaise décision détermine la qualité de bonne destination ou non du pays. C’est extrêmement important. Lorsqu’une décision incorrecte est donnée au nom des principes judiciaires, que souvent j’ai du mal à comprendre, l’impact sur le pays peut être dramatique. Un investisseur mal traité est un mauvais signal à l’ensemble de ses partenaires de son pays, de sa corporation, parfois de son secteur.
L’intérêt donc du gouvernement que je dirige est que nous essaierons, tout en préservant votre indépendance d’action et d’opération, de tenter souvent de vous approcher, de communiquer, de dialoguer avec vous pour que ces aspects liés au retard dans la procédure, je ne dirai pas mauvaises décisions, mais quelques éléments qui puissent impacter négativement la bonne décision [soient corrigés]…
Sans chercher à interférer dans les affaires judiciaires, nous essaierons souvent de vous interpeller, de vous donner notre point de vue sur les sujets de manière à vous faciliter les prises de décision les plus correctes au sens de l’intérêt de la Guinée, de l’intérêt des partenaires avec lesquels nous travaillons.
Cet aspect est très important pour nous parce que nous nous fixons pour objectif d’arriver à prendre, franchement, le leadership économique en termes de croissance de la région. Nous pouvons le faire si on a un climat des affaires favorable. Et le climat des affaires favorable suppose une justice solide, une justice responsable et une justice qui rassure les justiciables.
Sur cet aspect là, je vous pris d’accepter que je vous dérange souvent pour que nous puissions, ensemble, pousser l’agenda du gouvernement sur l’amélioration du climat des affaires. Ce n’est pas regarder qui fait quoi, mais c’est y compris les conditions qui vous permettent de mieux travailler, la formation de vos agents, la facilitation de l’accès à l’information, l’équipement de votre institution…»
C’est assez méchant comme discours, pour un Premier ministre. Ibrahima Kassory Fofana n’a visiblement pas d’égard pour les institutions républicaines. Si on le comprend, c’est à son gouvernement que revient dorénavant le rôle d’apprécier les décisions de la Cour suprême:
«Lorsqu’une décision incorrecte est donnée au nom des principes judiciaires, que souvent j’ai du mal à comprendre…». Sait-il ce que représente la Cour des cours, pour un pays? Sait-il que les décisions de la Cour suprême sont irrévocables?
A l’entendre, il faudrait désormais que les magistrats se conforment, non pas au droit, mais aux points de vue, aux suggestions et aux invectives de la Primature. Il faudrait que les décisions de justice émanent, non pas des lois du pays, mais plutôt de l’humeur des ministres ou celle des hommes d’affaires.
Pire, Kassory Fofana, comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, laisse entendre que la justice ne se fait plus sur la base des faits: «…ce n’est pas regarder qui fait quoi?», mais en parlant d’équipements, [c’est regarder] les bénéfices, les opportunités et les profits que les magistrats pourraient tirer de leur travail endommagé:
«Ce n’est pas regarder qui fait quoi, mais… les conditions qui vous permettent de mieux travailler, la formation de vos agents, la facilitation de l’accès à l’information, l’équipement de votre institution…».
En voilà un qui incite publiquement la justice de son pays à la corruption en lui miroitant de juteux séminaires de formation, parlant également de l’amélioration des conditions de travail. Il s’agit d’ignorer la réalité des faits, au profit de « la facilitation », de « l’équipement de votre institution », … dit-il clairement et sans ambages.
A y voir de près, l’on peut facilement deviner la malheureuse perspective qu’il affiche, à savoir la volonté de « fagociter » la justice, en foulant du pied les maigres acquis de celle-ci.
C’est tout simplement médiocre et dégoûtant comme discours, venant d’un Premier ministre. Et c’est un coup de sabot sur le principe de la séparation des pouvoirs. Dès lors, l’on comprend la motivation de certains États à faire approuver la nomination de leurs Premiers ministres par le biais du Parlement, ainsi qu’une enquête de moralité pour jauger la moralité et scruter le passé des Premiers ministrables.
Avec Le Populaire

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