Le post prémonitoire d’Abdoulaye Bah: «Au jugement dernier, ma langue sera interrogée…»

Le post prémonitoire d’Abdoulaye Bah: «Au jugement dernier, ma langue sera interrogée…»

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Toute activité orientée selon l’éthique peut être subordonnée à deux maximes totalement différentes et irréductiblement opposées : l’éthique de responsabilité ou l’éthique de conviction, disait le célèbre sociologue Max Weber.
On a l’impression que le défunt Abdoulaye Bah en est une exception, puisqu’il allie les deux. En témoigne ses plus récents écrits sur une étudiante enfermée à la prison civile de Conakry.
«J’ai lu tout ce qui a été écrit autour de Diaraye Balde, cette étudiante en grossesse de sept mois en prison. J’ai lu sa version, j’ai parlé avec son oncle, l’auteur présumé de la grossesse, j’ai écouté les témoignages de ses amis. Depuis, je me garde d’accuser qui que ce soit, victime ou auteur, sur la base d’un seul son de cloche. Ma religion, mon éducation, ma conscience et mon métier me l’interdisent. Parce qu’au jugement dernier, je sais que ma langue sera interrogée. Donc, je me méfie de parler sans pièces à conviction.»
Tout ceci en dit long sur l’honnêteté intellectuel de ce jeune journaliste, arraché à notre affection à la fleur de l’âge.
Ce post très récent, qu’il a lancé sur sa page Facebook (datant du 24 mai 2018 pour être précis), est bien prémonitoire. Il dénote une certaine sincérité et suffit à lui seul à démontrer que Bah reste un exemple d’honnêteté et de neutralité à suivre pour tous les jeunes journalistes qui embrassent ce métier combien ingrat.
Il sera inhumé a Dinguiraye cet après-midi. Que son âme repose en paix! Amen!
Conakrychallenge

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