La Une du Populaire ~ Guinée ¶ austérité, crise politique et grogne...

La Une du Populaire ~ Guinée ¶ austérité, crise politique et grogne sociale: Le tandem Alpha- Kassory à rude épreuve

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L’austérité sélective est de retour. Depuis la nomination de Kassory Fofana à la Primature, les devises étrangères sont en constante hausse. S’ajoute l’augmentation du prix du carburant à la pompe. Les denrées de première nécessité suivent, tout naturellement, cette flambée. Le panier de la ménagère, lui, trinque. Autant dire que le fameux tandem Alpha-Kassory est loin de faire l’effet escompté. Analyse.

Il s’annonce plutôt sous de mauvais auspices: multiplication de crises sociopolitiques et de catastrophes, de ponts qui s’écroulent, de routes qui se dégradent à un rythme effréné, de crashs d’avion, d’accidents mortels, d’incendies graves, etc.

Comment pourrait-il ne pas échouer, ce tandem, constitué de deux démiurges, dépensiers comme des paniers percés, que le ciel a réunis au sommet de l’État?

Alpha Condé vit entre deux avions, au frais du contribuable guinéen, depuis qu’il a été “soi-disant” élu. La Présidence mange plus de 1,3 milliards de francs guinéens par jour, pendant que l’écrasante majorité des fonctionnaires et de la population croulent sous le poids de la misère. Les mines sont bradées, au bénéfice de… Le pays est déchiré par des engins lourds au profit d’investisseurs étrangers loufoques et d’une maigre poignée d’individus, forts de leur position dominante.

Le président, “qui n’est au courant de rien”, n’a pas été encore capable d’appliquer ne serait-ce que sa première mesure en tant que chef de l’Exécutif: la gratuité de la césarienne. Que dire de son autre balluchon de promesses porté en bandoulière, regorgeant d’électricité et de riz pour tous, d’usines partout, d’investissements étrangers coulant à flot,…?

C’est alors qu’il fait appel à un trublion en puissance, Kassory Fofana, un Premier ministre doté d’une rhétorique économique ampoulée à toute épreuve. Ancien ministre de l’Économie et des Finances, au temps du Général Lansana Conté, Ibrahima Kassory Fofana, s’était illustré, moins par une politique d’austérité que par l’austérité de sa politique, appelant les populations à tout bout de champ à “serrer davantage la ceinture”.

C’est l’homme passé maître dans l’art d’appauvrir du populo, auprès duquel prennent cours et conseils les gouvernements médiocres, le spécialiste du “comment sucer un peuple dans… le dialogue”.

Or la Guinée d’aujourd’hui n’est pas celle du temps de l’autre. De plus en plus assoiffées de bonne gouvernance et de pratiques démocratiques, les populations actuelles sont celles prêtes à en découdre avec tout pouvoir moribond et maladroit. Les guinéens sont décidés à en finir avec la démagogie et le mensonge d’État, institutionnalisés par des dirigeants incompétents.

A la veille des manifestations populaires, annoncées massives cette semaine, à l’initiative des syndicats et de la société civile, il n’y a qu’un seul mot sur toutes les lèvres : mettre un terme à la descente aux enfers, quitte à sortir le Président et son Premier ministre de leurs palais dorés.

En cette fin de mandat, les crises sociopolitiques aiguës se multipliant. Mais tout cela aurait pu être contenu autour de la table du dialogue et de la concertation si et seulement si l’ancien hôte de Pinet et pensionnaire de la Maison centrale de Coronthie installé au palais présidentiel de Sèkhoutouteya dans des conditions dignes d’un Far west se prononçait publiquement sur son devoir d’élu assermenté de respecter et de faire respecter la loi suprême qu’est l’inviolabilité de la Constitution qui lui garantit ses deux mandats qui prennent fin en 2020.

Ce serait-là un acte historique qui mettrait fin aux graves soupçons de velléités de troisième mandat qui active le feu de la marmite sociale déjà en ébullition.

Par Sambegou Diallo (Le Populaire)

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