La chronique sportive de Saliou Samb: Les Super Eagles, les Lions et...

La chronique sportive de Saliou Samb: Les Super Eagles, les Lions et la VAR…

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Je vais aujourd’hui structurer ma chronique en deux volets : l’un pour dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas et l’autre pour rester dans le cadre de la sportivité qui sied en pareilles circonstances.

Il faut bien tirer les leçons des défaites ! Venons-en aux faits. Pour une équipe ambitieuse, il n’y a pas de défaite « honorable ». Il n’y a que des victoires heureuses qui la boostent, lui donnent de l’énergie et lui ouvrent les meilleures perspectives.

L’Afrique a appris à ses dépens ce qu’une décision arbitrale, plus que discutable, peut provoquer comme déception chez ses représentants. Et il n’y a pas d’autre mot : injustice. Il a été refusé au Nigéria exactement le même pénalty accordé aux Iraniens ; un ballon mal dégagé de la tête qui touche le bras du défenseur.

Dans le premier cas, l’arbitre de la rencontre a jugé que le penalty était la sanction normale. Dans le second cas, le directeur de la partie a fermé les yeux, laissant les pauvres Super Eagles à leur chagrin. Au diable la règle du bras collé au corps ! Le match Sénégal-Colombie ne fut pas mieux dirigé.

Lancé en pleine surface de réparation et face au gardien Ospina, le capitaine des Lions, Sadio Mané, est fauché par le défenseur colombien. Là aussi, on voit bien sur le ralenti que le Colombien touche d’abord la jambe (plus précisément le tibia) du Sénégalais avant d’effleurer le ballon. Là aussi l’arbitre juge que c’est l’inverse (ballon avant la jambe) et annule le penalty qu’il avait auparavant sifflé.

Ce qui est dommage, ce sont surtout les conséquences de telles décisions fantaisistes. Car on ne peut pas nier le fait que dans le contenu, le Nigeria et le Sénégal méritaient un sort beaucoup plus heureux, au moment où le Japon se qualifie par le chas d’une aiguille (une affaire règlement où le nombre de cartons jaunes les placent deuxièmes). Qu’importe ! Le football obéit parfois à des règles qui doivent être interprétées, même si cela cause de terribles frustrations.

L’Afrique peut hurler à l’injustice, s’écrouler sous les passions, se déchirer autour la fameuse VAR (arbitrage video), en réalité on s’en fiche. C’était comme ça en 1982, sur un but tout à fait valable de Roger Milla, face au Perou de Théophilo Cubillas (un but qui aurait sans doute éliminé l’Italie future championne du monde et qualifié le Cameroun), ce fut également comme ça a avant la Coupe du monde 1986 qui a vu le Maroc d’Aziz Bouderbala  passer pour la première fois au second tour, ce fut également le même cas en 1990 lors un Angleterre-Cameroun pour lequel on a encore des frissons aujourd’hui. Que dire du Ghana-Uruguay de 2010 avec la main de Luis Suarez ! Des éliminations qu’on a encore en travers de la gorge. Disons le tout net, c’est insupportable.

Les Africains ne cherchent plus à faire de la simple figuration en Coupe du monde et tout le monde le sait. Il faudra donc à l’avenir faire avec les subtilités du règlement. Il sera nécessaire de faire le travail psychologique indispensable pour changer l’image du continent dans la plus grande compétition de football au monde. Jusqu’à maintenant, notre meilleur résultat (Cameroun en 1990, Sénégal en 2002 et Ghana en 2010) reste les quarts de finale, ne l’oublions jamais.

Evidemment, et c’est l’autre pan de mon analyse, on ne peut pas nier qu’avec plus d’audace, et les Super Eagles, et les Lions, avaient les moyens de franchir les obstacles argentins et colombiens. Pour moi d’ailleurs le Sénégal a « raté » son mondial lors du match contre le Japon. On ne peut pas omettre également le fait que certains aspects à la fois techniques (trop passes ratées dans les derniers mètres adverses, trop de derniers gestes imparfaits) et tactiques (disposition chaotique contre le Japon lors du second match du Sénégal) doivent être améliorés.

On ne peut pas non plus passer notre temps à demander à nos meilleurs joueurs de garder leur lucidité en toutes circonstances, en bons professionnels. On ne peut pas toujours être sur leur dos pour leur dire ne pas oublier que ceux-là en face, qui se la jouent dans leurs équipes nationales, dans des matches à enjeu en Coupe du monde, ont quelques semaines plus tôt fini d’user leurs shorts sur les bancs de touche dans les clubs qu’ils partagent ensemble.

Nos stars étaient des titulaires indiscutables ! Il faut donc changer de mentalité. La victoire appartient à ceux qui ont une grande confiance en eux, qu’ils soient « grands » ou « petits » joueurs. Il reste enfin à déplorer, et le mot est faible, la piètre participation de l’Egypte, vice championne d’Afrique (qui a bien fait de limoger son Hector Cuper qui n’avait aucune ambition), un peu moins celle de la Tunisie (qui s’est quand même donné la peine de se battre) et l’élimination injuste du Maroc a qui on a également refusé un penalty tout à fait valable.

Ainsi va la haute compétition ; souvent cruelle, parfois incroyable, quelquefois faussée par un arbitrage pourri mais il faut accepter le résultat. Sportivement. Parlons maintenant de l’avenir de cette vingt et unième Coupe du monde. Je ne vais pas vous laisser sans vous donner un peu plus bas mes favoris pour les demi-finales, surtout après l’élimination de toutes les équipes africaines dès le premier tour.

Sur ce que j’ai vu, je pense qu’il paraît logique d’établir ce classement en fonction, selon moi, des favoris et des sérieux outsiders. Excusez moi mes amis Anglais, mais à mon avis, vous ne mériterez cette Coupe du monde qu’en débridant votre jeu. Vous en avez largement les moyens. La France devrait montrer un tout autre visage si elle doit gravir les échelons de cette Coupe du monde.

Je ne mise pas du tout sur elle mais je souhaite vivement qu’elle nous surprenne. Mes favoris sont donc le Brésil, la Croatie et la Belgique. Les outsiders qui risquent de perturber les certitudes du football mondial sont essentiellement l’Uruguay (pour sa solidité et sa combativité) et… l’Argentine miraculée. Dans l’histoire de cette grande compétition, on a vu plusieurs futurs champions peiner au premier tour avant de se métamorphoser comme par enchantement. Ne dit-on pas que c’est dans la douleur qu’on forge les grandes victoires ? A la prochaine !

Par Saliou Samb

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