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Kélèfa Sall : « Je serai là en 2020 pour recevoir le serment du successeur d’Alpha Condé »

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Destitué de ses fonctions de président de la cour constitutionnelle, Kélèfa Sall est sorti de son mutisme. Il se considère, jusqu’à preuve du contraire, numéro un de l’organe chargé de veiller au respect de la constitution guinéenne.

Kélèfa Sall, qui s’exprimait mercredi lors d’une conférence presse, a déclaré que depuis janvier 2016, la cour constitutionnelle traverse une crise dans son fonctionnement.

Estimant que le peuple a le droit de savoir la vérité, le président destitué de la cour constitutionnelle affirme qu’en perturbant la mission de son institution, ‘’les conséquences de cet agissement seront très graves pour notre nation dans la mesure où sa crédibilité sera remise en question sur le plan sous-régional, régional et international’’.

‘’Tant que les médias ne s’étaient pas mêlés, j’estimais qu’il n’était pas nécessaire de répondre aux accusations dénuées de toute base objective d’autant qu’il exige des structures auxquelles les lois ont conféré le droit d’enquêter et de poursuivre’’, indique-t-il pour justifier son long silence depuis le début de la crise.

Selon M. Sall, la calomnie dont il est victime a pris des proportions inquiétantes et risque de détourner l’opinion publique de la vraie problématique que pose la crise à la cour constitutionnelle.

Il révèle qu’après la proclamation, le 31 octobre 2015, des résultats définitifs de la présidentielle du 11 octobre et les audiences de prestation de serment et d’installation du professeur Alpha Condé dans ses fonctions de président de la République, la cour constitutionnelle a organisé, du 22 au 24 décembre, une retraite à Coyah.

A l’issue de la rencontre, le règlement intérieur de la cour constitutionnelle a été révisé avec la création d’une commission financière dotée de plus larges pouvoirs dans la gestion du patrimoine de la cour. Sept des neuf membres de l’institution ont signé ledit document. A compter de cette date, assure-t-il, la cour a été paralysée par le fait du refus de sept membres de l’institution de participer aux audiences.

‘’Pour ne pas paraitre comme l’élément bloquant le fonctionnement de la cour, j’ai dû me résoudre à la mise en place d’un comité de trésorerie, le 11 février 2016, composé de trois membres de la cour et du DAF’’, avance-t-il après avoir été accusé de gestion financière opaque.

Le 21 janvier 2016, continue Kéléfa Sall, ‘’j’ai reçu à 13h36, une lettre signée par neufs membres, dans laquelle il portait neuf griefs à mon encontre dont une gestion financière opaque, aller à l’encontre des décisions administratives et financières unanimes des membres et la déclaration réitérée devant les autorités officielles que je serai là en 2020 pour recevoir le serment du successeur du président Alpha Condé qui ne peut faire plus de deux mandats. Ils concluent qu’ils me retiraient leur confiance’’.

Se considérant toujours comme le mentor de la Cour constitutionnelle, Kelefa Sall dit: « Je serai là en 2020 pour recevoir le serment du successeur du président Alpha Condé ».

En gros, Kéléfa Sall s’est présenté comme la victime d’une machination ourdie par ses adversaires forts, selon lui, du soutien de quelqu’un qu’il s’est gardé de nommer. A la limite, à l’en croire, son seul péché serait son désir de faire fonctionner l’institution selon les règles et les principes édictés pour cela. Il cite à ce sujet le cas des deux conseillers remplaçants venant de l’INIDH.

Il attendait de recevoir leurs dossiers pour vérifier que ces derniers remplissaient les exigences qu’il faut quand, via le JT de la télévision, il a appris le décret de leur confirmation. Au sujet de la gestion de financière de l’institution dans laquelle il est incriminé, il s’en défend ainsi :

« J’ai dit au DAF que je ne suis pas habitué à la gestion, je suis magistrat. Le DAF est le seul fonctionnaire à la cour constitutionnelle qui est nommé par le ministère du Budget. Lorsqu’ils ont demandé un audit, j’ai demandé au DAF de fournir tous les documents. Donc, je ne me reproche rien ».

In Pressorama

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