Habitat, Expropriation mode d’emploi: Coyah-Dubréka, une zone de non-droit?

Habitat, Expropriation mode d’emploi: Coyah-Dubréka, une zone de non-droit?

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Expropriation et vente illégale de lopins de terre sont devenues des sports favoris pour certains natifs de ces localités. De nombreuses personnes se livrent à cette pratique unanimement déplorée. Le droit à la propriété est une disposition de la Constitution guinéenne, largement développée par les Codes, civil et domanial.

Quiconque s’accapare d’un domaine appartenant à autrui viole du coup la Constitution et les lois guinéennes. Quelque part en Guinée, en particulier dans la zone de confusion par excellence, Coyah-Dubréka, les hors-la-loi n’en ont cure.

Ils font ce que bon leur semble, marchandant des parcelles à deux, trois voire quatre clients différents, s’ils ne s’y installent pas eux-mêmes.

Un comportement déplorable et source de tension et de clivages sociaux. Pis, de nos jours, ils défient la justice.

L’un des exemples les plus éloquents est celui de Joseph Moukarim, guinéen d’origine libanaise dont la famille est installée en Guinée depuis 1914. Propriétaire terrien, Joseph Moukarim a assisté, impuissant, à la destruction de sa plantation, aujourd’hui occupée par des usurpateurs, sous le fallacieux prétexte que la Basse-Guinée les appartiendrait.

Or, Halim Moukarim, planteur de son état et grand-père de Joseph Moukarim, est arrivé en Guinée pendant la Première guerre mondiale (1914).

A Wonkifong, autrefois cercle de Dubréka, aujourd’hui préfecture de Coyah, il acheta des domaines agricoles. Durant toute la période coloniale, Halim Moukarim fut parmi les grands producteurs et exportateurs de bananes.

Après l’indépendance en 1958, l’exportation des produits agricoles et le commerce privé furent interdits par la Loi cadre du 08 novembre 1964. La famille Moukarim se reconvertît alors dans l’arboriculture et les cultures maraîchères.

Ayant senti ses cheveux tomber, sous le poids de l’âge, Halim Moukarim légua ses biens à son petit-fils Joseph Moukarim par donation. Nous sommes en 1983. Joseph Moukarim, étant de la troisième génération de cette famille, laquelle a un vécu de 104 ans en Guinée, reste le propriétaire légal des domaines hérités.

Qui oserait dire que ce dernier est étranger en Guinée ? De nombreux procès on été gagnés par lui face à la horde d’usurpateurs, y compris devant la Cour d’appel. En dépit de tous les jugements qui leur sont défavorables, les occupants illégaux rechignent à quitter les lieux et rendre à Moukarim ce qui lui appartient. Affaire à suivre, selon la formule consacrée!

Gordio Kahn

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