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Alors que les enseignants, motivés par le non respect des engagements pris par le pouvoir Condé, repartent en grève générale illimitée lundi prochain, le gouvernement ne cesse de multiplier les maladresses, en mutant des syndicalistes. Ce qui, en pareille situation, n’arrange aucunement le pays, parce qu’éloignant toute possibilité d’un retour rapide à la table de négociation. De plus, cette attitude sournoise de l’autorité centrale viole carrément les libertés syndicales.

Il y a quelques jours, elle avait tenté d’empêcher le congrès du SLECG, en y déployant les forces de l’ordre qui procéderont à de nombreuses arrestations.
Auparavant, les principaux leaders du SLECG ont vu leurs salaires bloqués. D’aucuns auront été arbitrairement mutés dans les confins du pays. Quand au secrétaire général du syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée, Aboubacar Soumah, il fait l’objet de toute sorte de menaces, notamment de la part du président de la République, Alpha condé qu’il empêcherait de dormir !
Tout cela constitue une violation délibérée des droits et libertés syndicaux, comme nous le verrons dans les conventions 87 et 98 de l’OIT, auxquelles la Guinée a souscrit.
Que dit exactement ces deux conventions ?
« Les organisations de travailleurs et d’employeurs ont le droit d’élaborer leurs statuts et règlements administratifs, d’élire librement leurs représentants, d’organiser leur gestion leur activité, et de formuler leur programme d’action. Les autorités publiques doivent s’abstenir de toute intervention de nature à limiter ce droit ou à en entraver l’exercice légal » (convention 87, article 3).
Pas d’autorisation préalable
Dans son article 2, la convention 87 de l’OIT stipule que « Les employeurs et les travailleurs, ont le droit, sans autorisation préalable, de constituer des organisations de leur choix, ainsi que celui de s’affilier à ces organisations… »
Dès lors, il faudrait comprendre que le syndicat est la plus libre des organisations, n’ayant pas besoin d’agrément ni d’autorisation préalable d’une autorité quelconque, à sa création d’abord.
C’est pourquoi les experts en droit ont trouvé ridicule le communiqué de presse du porte-parole du gouvernement, Albert Damentang Camara, ainsi que la sortie médiatique de certains cadres du ministère de l’éducation nationale. Tous ont tenté vainement d’invalider le congrès du SLECG, en rouspétant que celui-ci n’ait pas été supervisé par l’Inspection générale du travail…
La même convention, en son article 4, protège les organisations syndicales de toute dissolution ou suspension : « Les syndicats ne sont pas sujets à dissolution ou à suspension par voix administrative »
Convention 98: «Les travailleurs doivent bénéficier d’une protection adéquate contre tout acte de discrimination tendant à porter atteinte à la liberté syndicale en matière d’emploi ». (article 1)
«Les syndicats doivent bénéficier d’une protection adéquate contre tout acte d’ingérence… » (article 2)
Qui viole les libertés et droits syndicaux ? Le régime Condé est plus que décevant. Cela étant, à la guerre comme à la guerre. Les enseignants sont décidés d’aller jusqu’au bout.
Marcel Loua

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