Cour constitutionnelle : La destitution de kèlèfa Sall consommée

Cour constitutionnelle : La destitution de kèlèfa Sall consommée

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Tout mandat électif étant synonyme de confiance, que l’ex président de la Cour constitutionnelle a perdue auprès de ses pairs, sa destitution, il y a deux jours, à l’issue d’une plénière, semble avoir été consommée.
Kèlèfa Sall a été poussé à se mettre en porte-à-faux  avec la loi. Il a mordu à l’hameçon, en organisant le fameux tirage au sort au mépris du règlement intérieur, qui, dans la pyramide des normes juridiques, est un texte explicatif de la Constitution et des lois organiques qui gouvernent ladite Cour.
L’objectif consistait à renouveler le tiers des membres de l’institution. Primo, il a organisé ce tirage dans son bureau, au lieu de la salle d’audience. Secundo, le tirage, comme par magie, est tombé sur les membres les plus rebelles de l’institution, dont il se méfiait comme de la peste. Sans compte le fait que ce tirage ait été fait par une convive, au lieu du plus jeune des 9 membres de la Cour tel que le prévoit la loi.
Tertio, le président et son vice-président ont été exclus dudit tirage, au mépris de la loi, puisqu’aucun texte en vigueur ne les exempte.
Quarto, aucun huissier de justice n’était là pour superviser l’opération et en établir le PV…
Autres griefs, l’ex président Sall traîne beaucoup de casseroles derrière lui. Assez pour l’envoyer à la touche. Les huit conseillers, unanimes, ayant beaucoup de réserves, ont fait les choses en douce.
Par exemple, cette plainte d’un hôpital allemand, déposée au niveau de la police, contre kèlèfa Sall, reproché de s’être faufilé après un traitement médical, sans s’être acquitté des frais relatifs. En dépit du fait qu’ils soient pris en charge par le contribuable guinéen. Toute chose qui décrédibilise l’institution et la Guinée tout entière.
L’on se rappelle qu’en 2015, kèlèfa Sall avait rechigné à signer le règlement intérieur de l’institution. Il fallu une pression assidue et l’intervention de la présidence de la république pour l’amener à parapher le doc…
Aujourd’hui, destitué, il restera membre de la Cour avant l’échéance fixée à lui comme à tous ses pairs. Va-t-il tenter de résister à cette humiliation et se cramponner à son poste?
Impossible, si l’on en croit les analystes, qui estiment que kèlèfa Sall n’est devenu rien d’autre qu’un jonc qui tremble.
En définitive, c’est une tête brûlée qui saute. Beaucoup d’autres présidents d’institutions doivent suivre, comme Martine Condé et consort. Pour sonder les péripéties de cet imbroglio à la Cour constitutionnelle, nous vous proposons la lettre de Me Mounir, membre de cette Cour, adressée à ses pairs et à l’opinion. Il avait prévenu le vice-président et le président, rappelant que ce dernier avait déjà été destitué!… (C’est une lettre prémonitoire rédigée et publiée avant la destitution, lundi dernier, de Kelefa Sall).

Cour constitutionnelle de Guinée : du rififi en perspective ! | Libre Opinion Guinée

Karim Bah 

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