Après un mardi noir, Donald Trump est-il en danger ?

Après un mardi noir, Donald Trump est-il en danger ?

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L’ancien avocat de Donald Trump Michael Cohen plaidant coupable pour avoir acheté le silence de deux femmes, l’ancien directeur de campagne du président américain Paul Manafort qui est condamné pour fraude bancaire, fraude fiscale et non divulgation de comptes à l’étranger… l’étau se resserre autour de Donald Trump.
Après cette journée noire pour Donald Trump sur le plan judiciaire, le président s’est contenté d’une déclaration en Virginie occidentale où il tenait meeting :
« Paul Manafort est un homme bien. Cela ne me concerne pas, mais (…) c’est une chose très triste qui s’est produite. Ça a commencé comme une collusion russe mais ça n’a absolument rien à voir. C’est une chasse aux sorcières et c’est une honte. Où est la collusion ? Trouvez une quelconque collusion ! »
L’ex-directeur de campagne de Trump Paul Manafort était accusé d’avoir dissimulé au fisc américain 16 millions de dollars qu’il avait gagnés en tant que consultant politique pour des politiciens pro-russes en Ukraine afin de financer un train de vie somptueux. Il aurait ensuite menti aux banques pour obtenir un prêt de 20 millions de dollars quand sa source de revenu ukrainienne s’est tarie. Les deux condamnations pour fraude bancaire sont passibles chacune d’une peine d’emprisonnement de 30 ans. Mais plusieurs spécialistes judiciaires estiment que Paul Manafort sera condamné à une peine d’emprisonnement d’environ 10 ans.
Cohen est prêt à tout balancer
Quant à l’accord passé avec l’accusation par l’ancien avocat de Trump Michael Cohen, il risque fort de n’être qu’une première étape vers plus de révélations de Cohen concernant le président, notamment dans l’enquête du procureur Mueller sur les soupçons de collusion avec la Russie. Après tout, Cohen n’a pas encore parlé avec le procureur spécial Mueller mais son propre avocat Lanny Davis sur MSNBC que Cohen dira à Mueller que Trump a comploté avec les Russes et que cette collusion implique qu’il connaissait à l’avance l’intrusion russe  dans la campagne électorale.
Alors que Trump veut faire de l’immigration clandestine le thème essentiel de sa campagne pour les élections de mi-mandat du 6 novembre prochain, les démocrates vont surement axer la leur sur un appel à destituer le président en exercice.
Même d’ardents défenseurs de Trump dans le camp républicain estiment que les deux revers judiciaires encaissés par Trump mardi pourraient ouvrir une brèche au sein même du parti républicain et ouvrir une voie vers un processus de destitution. Comme le déclare au New York Times le républicain Rob Stutzman :
De nombreux élus républicains dans des districts difficiles vont devoir penser très sérieusement à la manière dont ils vont gérer tout ça dans les prochains jours.
Pour l’historien spécialiste des Etats-Unis Thomas Snegaroff, Trump ressort affaibli de cette journée riche en revers judiciaires:
« On commence à avoir beaucoup d’éléments qui justifieraient un procès en destitution mais il n’y a pas d’éléments politiques suffisants pour le faire, les républicains étant majoritaires à la Chambre et au Sénat. Attendons les élections de mi mandat. Si les candidats républicains se prennent une raclée, ils risquent fort de lâcher Trump » 

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