Alpha Condé – Sékou Touré: Même tyrannie, même foulanophobie

Alpha Condé – Sékou Touré: Même tyrannie, même foulanophobie

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Il faut remonter le temps pour comprendre la foulanophobie attisée actuellement par le très minoritaire président Alpha Condé, qui avait dit clairement, après avoir usurpé le pouvoir en 2010: « Je prendrai la Guinée là où Sékou Touré l’avait laissée » (mêmes dictature sanguinaire, autocratie, intolérance politique, discrimination ethnique, démagogie, etc.).
Première escale: Le discours violent et haineux « Situation particulière du Foutah » prononcé en 1976 par Sékou Touré, qui avait été à l’origine d’un exil massif de Peuls, dont moi-même(officiellement privé de bourse d’études à l’étranger, comme tous les autres étudiants peuls après le concours académique de 1977, en raison de notre seule appartenance ethnique, que nous n’avions pourtant pas choisie, et malgré le mérite).
Dans ce discours incroyable sorti de la bouche d’un président de la république, Sékou Touré avait dit, textuellement, d’une voix de Stentor: « S’il le faut, le peuple de Guinée se lèvera, marteau en main, coupe-coupe en main, hache en main, pour exterminer les Peuls, les mener au tombeau et les ensevelir. Le PDG prendra ses responsabilités. »
Il avait traité les femmes peules de putes et les sages peuls d’ivrognes. C’est ce génocide mental qu’Alpha Condé avait opéré pendant la présidentielle de 2010 dans le long entre-deux-tours frauduleux de 130 jours (au lieu des 15 prévus par la Constitution), avec la persécution des Peuls en Haute-Guinée suite au faux empoisonnement des militants du RPG à l’esplanade du Palais du peuple par l’UFDG, mais aussi à travers sa campagne axée sur la foulanophie qu’il entretenait parmi les autres ethnies et qui taisait son nom TSP (« Tout Sauf un Peul »).
Seconde escale: une vingtaine d’années auparavant, entre 1953 et 1957, Sékou Touré avait fondé sa conquête du pouvoir sur la violence ethnique: il avait fait jeter vivants des milliers de Peuls dans les puits de Conakry en utilisant les milices de Momo Jo, pour intimider le BAG de Barry Diawadou et la DSG de Barry III, les partis des Guinéens éclairés (toutes ethnies confondues) qu’il considérait comme les ennemis jurés de son parti populiste, le PDG.
El Béchir Diallo

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